Quelle qu’en soit la forme : poétique, satirique, ou kitsch, le New-Burlesque questionne l’apparence et la place réservée aux femmes dans la société. Ses performeuses se constituent comme des objets de désir, réinterprètent les figures féminines façonnées par l’inconscient et la culture populaire tout en prônant une subversion des normativités androcentrées. Plus question de se soumettre aux normes d’une féminité placée sous l’égide d’un regard masculin dominant, de correspondre à ses standards de beauté ou d’oublier l’origine italienne de l’appellation Burlesque (burlare) qui signifie bafouer, se moquer. Ainsi, les artistes New-Burlesques entendent résister aux normes orchestrées par les hommes tout en renouant avec une forme de glamour qui ne se bornerait pas aux critères esthétiques d’un corps, mais dénoncerait de manière satirique, voire transgressive, nos habitudes visuelles. La mise à nu caustique que propose le cabaret New-Burlesque est aussi celle de nos sociétés et de leurs failles. Les costumes extravagants et le maquillage outrancier sont en effet les vecteurs de discours engagés.

Du nom de scène aux costumes, des numéros au discours entourant leurs pratiques, les performeuses New-Burlesques travaillent leurs corps à un double niveau athlétique et symbolique. Elles font l’expérience du pouvoir de la transformation et de la performance, comprise à la fois comme compétence physique et comme mise en scène de soi. L’apparence devenant le support d’une identité choisie et performée.

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Whatever its form: poetic, satirical, or kitsch, New-Burlesque always questions the appearance and place reserved for women in society. The performers constitute themselves as objects of desire, reinterpret female figures shaped by the unconscious and popular culture while advocating a subversion of androcentric normativities. It is no longer a question of submitting to the norms of a femininity placed under the aegis of a dominant male gaze, of matching one’s beauty standards but rather not to forget the Italian origin of the Burlesque name (burlare) which means to flout, mock. For such reason, New Burlesque artists intend to resist the standards orchestrated by men while returning to a form of glamor that would not be limited to the aesthetic criteria of the body, but would denounce in a satirical way, even transgressive one, our visual habits. The satirical nudity offered by the New Burlesque cabaret is also that of our societies and their faults. Extravagant costumes and outrageous makeup are actually the vectors of a political speech.

Whatever the register, whether erotic, fetishist or militant, the creation of her alter ego should be the subject of an original and in-depth research. From stage names to costumes, New Burlesque performers work their bodies to a double athletic and symbolic level. They experience the power of transformation and performance, understood both as a physical skill and as a staging of oneself. The appearance becomes the support of a chosen and performed identity.