Poétiques de résistance. La démarche

« Le but de l’art, après tout, n’est pas de changer les choses – elles changent d’elles-mêmes tout le temps, de toute manière. La fonction de l’art est plutôt de montrer, de rendre visibles les réalités qui sont trop souvent ignorées. » Boris Groys

Situé à la croisée de la sociologie et de la pratique photographique, ce travail s’intéresse à l’apparence vestimentaire comme instrument de lutte collective. Il rassemble des images réalisées auprès de cinq communautés sous-culturelles qui disposent du vêtement comme d’un support de revendication sociale et politique.

 

Quels liens unissent la pratique du roller derby, du cabaret new-burlesque, de la sape, du cosplay ou du voguing ? Que disent ces formes d’être au monde ? En apparence dissemblables, regroupant des membres d’âges, de sexes, d’origines différentes et s’ignorant la plupart du temps l’un l’autre ; ces groupes partagent néanmoins des symboles, une idéologie et une organisation sociale qui nous informent sur nos sociétés contemporaines. Dans une forme maîtrisée de l’apparat et de la pose, tous utilisent leur corps comme un dispositif de résistance et interrogent la validité et les limites des impératifs sociétaux.

 

Les images rassemblées ne font pas de distinction entre surface et profondeur, authentique et artificiel. Leur mise en commun et le travail de séquençage, de redondance ou de variations qu’il suppose, invite à considérer l’apparence comme un langage, c’est-à-dire comme un lieu de signifiance. L’apparence devenant la manifestation ostentatoire de prises de position politique, philosophique ou sexuelle. Son histoire (et par extension, celle de la mode et du vêtement) reflète des mutations sociales profondes. Parce qu’ils portent en eux un système de convenances et de moralités, le corps et le vêtement sont des objets infiniment politiques, culturels et sociaux. De miroirs de l’âme dans une conception aujourd’hui surannée, ils le sont surtout de leur époque, dévoilant l’histoire de ses luttes.

 

Depuis toujours, il est des individus pour s’exprimer et s’inventer au travers du style. De simple parti pris vestimentaire, celui-ci peut parfois se faire l’expression d’un mode de vie en rupture avec les normes imposées d’une société. C’est de cette seconde catégorie d’hommes et de femmes, parfois d’adolescents, dont il est question dans ce projet. Des individus aux formes de vie singulières qui entendent contester les normes et les échelles de valeurs admises par la frange dominante de la société, s’opposer par exemple aux distinctions qu’elle opère entre bon et mauvais goûts, entre culture d’en haut et culture d’en bas.

Poétiques de résistance. La démarche

« Le but de l’art, après tout, n’est pas de changer les choses – elles changent d’elles-mêmes tout le temps, de toute manière. La fonction de l’art est plutôt de montrer, de rendre visibles les réalités qui sont trop souvent ignorées. » Boris Groys

Situé à la croisée de la sociologie et de la pratique photographique, ce travail s’intéresse à l’apparence vestimentaire comme instrument de lutte collective. Il rassemble des images réalisées auprès de cinq communautés sous-culturelles qui disposent du vêtement comme d’un support de revendication sociale et politique.

 

Quels liens unissent la pratique du roller derby, du cabaret new-burlesque, de la sape, du cosplay ou du voguing ? Que disent ces formes d’être au monde ? En apparence dissemblables, regroupant des membres d’âges, de sexes, d’origines différentes et s’ignorant la plupart du temps l’un l’autre ; ces groupes partagent néanmoins des symboles, une idéologie et une organisation sociale qui nous informent sur nos sociétés contemporaines. Dans une forme maîtrisée de l’apparat et de la pose, tous utilisent leur corps comme un dispositif de résistance et interrogent la validité et les limites des impératifs sociétaux.

 

Les images rassemblées ne font pas de distinction entre surface et profondeur, authentique et artificiel. Leur mise en commun et le travail de séquençage, de redondance ou de variations qu’il suppose, invite à considérer l’apparence comme un langage, c’est-à-dire comme un lieu de signifiance. L’apparence devenant la manifestation ostentatoire de prises de position politique, philosophique ou sexuelle. Son histoire (et par extension, celle de la mode et du vêtement) reflète des mutations sociales profondes. Parce qu’ils portent en eux un système de convenances et de moralités, le corps et le vêtement sont des objets infiniment politiques, culturels et sociaux. De miroirs de l’âme dans une conception aujourd’hui surannée, ils le sont surtout de leur époque, dévoilant l’histoire de ses luttes.

 

Depuis toujours, il est des individus pour s’exprimer et s’inventer au travers du style. De simple parti pris vestimentaire, celui-ci peut parfois se faire l’expression d’un mode de vie en rupture avec les normes imposées d’une société. C’est de cette seconde catégorie d’hommes et de femmes, parfois d’adolescents, dont il est question dans ce projet. Des individus aux formes de vie singulières qui entendent contester les normes et les échelles de valeurs admises par la frange dominante de la société, s’opposer par exemple aux distinctions qu’elle opère entre bon et mauvais goûts, entre culture d’en haut et culture d’en bas.